Vous avez 35 ans, 40 ans ou même plus et vous pensez que votre âge réduit fortement vos chances d’immigrer au Canada ? Cette inquiétude est fréquente, notamment chez les professionnels qui envisagent leur projet d’immigration après plusieurs années de carrière.
La réalité est plus nuancée : il n’existe pas de règle générale interdisant d’immigrer au Canada après 35 ans. L’âge peut réduire le nombre de points accordés dans certains programmes, notamment dans le système Entrée express, mais il ne représente qu’un élément parmi plusieurs.
Expérience professionnelle, niveau d’études, français, anglais, expérience canadienne, nomination provinciale ou encore profession exercée peuvent considérablement influencer les possibilités d’immigration.
Alors, comment immigrer au Canada après 35 ans ? Quels programmes privilégier ? Et surtout, comment compenser les points perdus en raison de l’âge ?
Voici ce qu’il faut savoir.
Peut-on immigrer au Canada après 35 ans ?
Oui.
Avoir plus de 35 ans ne signifie pas que vous êtes inadmissible à l’immigration canadienne.
Le Canada dispose de plusieurs programmes d’immigration économique et régionale, chacun ayant ses propres critères. L’âge peut être important dans certains systèmes de sélection, mais il n’est pas nécessairement éliminatoire.
Dans le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), par exemple, les candidats âgés de 18 à 35 ans obtiennent le maximum de 12 points pour l’âge dans la grille d’admissibilité. Ensuite, le nombre de points diminue progressivement : 11 points à 36 ans, 7 à 40 ans, 2 à 45 ans et 0 à partir de 47 ans. Un candidat de 47 ans ou plus peut néanmoins rester admissible s’il obtient suffisamment de points grâce aux autres facteurs.
Il faut donc distinguer deux questions :
« Est-ce que mon âge réduit mon score ? »
Oui, dans certains programmes.
« Est-ce que mon âge m’empêche d’immigrer ? »
Non, pas automatiquement.
Pourquoi l’âge devient-il important après 35 ans dans Entrée express ?
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada utilise le Système de classement global (SCG ou CRS en anglais) pour classer les profils présents dans le bassin Entrée express.
Le score tient notamment compte :
- de l’âge ;
- du niveau d’études ;
- du français et de l’anglais ;
- de l’expérience professionnelle canadienne ;
- de certaines combinaisons entre études, langues et expérience ;
- de facteurs supplémentaires comme une désignation provinciale.
L’âge donne le maximum de points CRS entre 20 et 29 ans : jusqu’à 110 points pour une personne sans conjoint accompagnant. À 35 ans, ce maximum tombe à 77 points ; à 40 ans, à 50 points ; à 44 ans, à 6 points. À partir de 45 ans, aucun point CRS n’est accordé directement pour l’âge.
Cela explique pourquoi une personne de 38 ou 42 ans doit généralement construire sa stratégie différemment d’un candidat de 25 ans.
Mais perdre des points sur l’âge ne signifie pas nécessairement avoir un mauvais profil.
Après 35 ans, l’expérience professionnelle peut devenir un véritable avantage
C’est l’un des paradoxes de l’immigration économique canadienne.
Un candidat plus âgé perd généralement des points pour son âge, mais peut disposer de plusieurs éléments qu’un candidat plus jeune n’a pas encore acquis :
une expérience professionnelle importante, une expertise spécialisée, un niveau de responsabilité supérieur, des qualifications avancées ou une meilleure stabilité professionnelle.
Dans le CRS, la combinaison entre une expérience professionnelle étrangère et un bon niveau linguistique peut apporter jusqu’à 50 points au titre de la transférabilité des compétences.
Le véritable objectif après 35 ans consiste donc à construire un profil où les autres facteurs compensent autant que possible la diminution des points liés à l’âge.
5 stratégies pour immigrer au Canada après 35 ans
1. Maximiser son niveau de français
Pour un candidat francophone, le français peut représenter un avantage particulièrement important.
Le système Entrée express peut accorder jusqu’à 50 points CRS supplémentaires pour les compétences en français, selon les résultats linguistiques obtenus et le niveau d’anglais.
Le français joue également un rôle dans les rondes de sélection par catégories d’Entrée express. En 2026, la maîtrise du français fait partie des catégories ciblées. Pour être admissible à cette catégorie, il faut notamment obtenir au minimum le NCLC 7 dans les quatre compétences linguistiques et respecter les autres conditions de la ronde.
Pour un candidat de plus de 35 ans, améliorer son résultat au TEF Canada ou TCF Canada peut donc avoir un impact considérable.
Et cette stratégie est particulièrement pertinente dans le contexte actuel : le Plan des niveaux d’immigration 2026-2028 prévoit que la proportion d’admissions de résidents permanents francophones à l’extérieur du Québec passe de 9 % en 2026 à 10,5 % en 2028.
2. Améliorer également son anglais
Même pour un candidat principalement francophone, il peut être intéressant de ne pas négliger l’anglais.
Pourquoi ?
Parce qu’un bon résultat linguistique peut augmenter le score directement, mais aussi intervenir dans les points de transférabilité associés aux études et à l’expérience professionnelle.
Une stratégie français + anglais peut donc être beaucoup plus intéressante qu’un profil reposant uniquement sur une seule langue.
Par exemple, un candidat ayant au moins NCLC 7 en français dans les quatre compétences et au moins CLB 5 en anglais dans les quatre compétences peut obtenir jusqu’à 50 points supplémentaires pour le français.
3. S’intéresser aux Programmes des candidats des provinces
Pour certains candidats de plus de 35 ou 40 ans, se concentrer uniquement sur les rondes générales d’Entrée express n’est pas nécessairement la meilleure stratégie.
Les Programmes des candidats des provinces (PCP) permettent aux provinces et territoires participants de sélectionner des candidats répondant à leurs besoins économiques et à ceux de leur marché du travail.
Une désignation provinciale liée à Entrée express apporte actuellement 600 points CRS supplémentaires.
C’est considérable.
Un candidat dont le score CRS initial est insuffisant peut donc changer complètement de situation s’il correspond aux critères recherchés par une province.
Les conditions varient cependant fortement selon le territoire, le métier, l’expérience, le niveau linguistique et les ouvertures des différents volets.
4. Vérifier si votre profession appartient à une catégorie recherchée
Le Canada utilise également des rondes d’invitations par catégories dans Entrée express.
En 2026, IRCC indique notamment des catégories concernant :
- les compétences linguistiques en français ;
- la santé et les services sociaux ;
- les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM/STEM) ;
- les métiers spécialisés ;
- l’éducation ;
- le transport ;
- ainsi que certaines catégories ciblées liées à l’expérience canadienne.
Ainsi, pour une personne de 38 ou 42 ans, la question n’est pas seulement :
« Combien de points CRS ai-je ? »
Il faut également demander :
« Mon expérience professionnelle correspond-elle à une catégorie actuellement recherchée ? »
Cette analyse peut complètement modifier la stratégie d’immigration.
5. Étudier les programmes régionaux adaptés à son profil
Entrée express n’est pas la seule possibilité.
Selon votre profession, votre expérience, votre destination souhaitée et votre niveau linguistique, d’autres voies peuvent être pertinentes, notamment les programmes provinciaux ou certaines initiatives régionales.
Le Plan des niveaux 2026-2028 met d’ailleurs l’accent sur les besoins régionaux en main-d’œuvre et mentionne notamment le Programme des candidats des provinces, le Programme d’immigration au Canada atlantique et les initiatives d’immigration communautaire parmi les outils permettant de répondre à ces besoins.
Il est donc préférable d’évaluer plusieurs programmes plutôt que de conclure qu’un projet est impossible simplement parce que le score Entrée express paraît faible.
Immigration au Canada à 35, 40 ou 45 ans : quelles différences ?
À 35 ans
Le profil peut encore être très compétitif.
Dans le CRS, un candidat de 35 ans obtient jusqu’à 77 points pour l’âge sans conjoint accompagnant, contre 110 entre 20 et 29 ans.
Un excellent niveau linguistique, un diplôme élevé et plusieurs années d’expérience peuvent donc permettre de construire un dossier intéressant.
À 40 ans
À 40 ans, le candidat obtient jusqu’à 50 points CRS pour l’âge sans conjoint accompagnant.
À ce stade, il devient encore plus important d’examiner :
les résultats linguistiques, la profession, les programmes provinciaux, les catégories ciblées et les possibilités régionales.
À 45 ans et plus
À partir de 45 ans, aucun point CRS n’est accordé directement pour l’âge.
Cela ne signifie toutefois pas que l’immigration est impossible.
Une désignation provinciale, par exemple, peut ajouter 600 points CRS. De même, certaines voies d’immigration ne reposent pas exactement sur la même logique de classement qu’une invitation Entrée express classique.
L’analyse doit donc être beaucoup plus personnalisée.
Exemple : un candidat francophone de 39 ans
Imaginons un professionnel de 39 ans qui possède :
un diplôme universitaire, plusieurs années d’expérience professionnelle qualifiée, un excellent niveau de français et un niveau d’anglais intermédiaire.
Son âge lui fait perdre des points par rapport à un candidat de 28 ans.
Cependant, son profil peut présenter plusieurs avantages : son expérience professionnelle peut générer des points de transférabilité, son français peut lui apporter des points supplémentaires et lui permettre d’être considéré lors de rondes francophones, et son métier peut éventuellement correspondre à une catégorie ciblée ou aux besoins d’une province.
La bonne stratégie ne consiste donc pas nécessairement à essayer de « récupérer les points d’âge », mais plutôt à identifier le programme dans lequel ses points forts ont le plus de valeur.
Les erreurs à éviter après 35 ans
L’une des principales erreurs consiste à calculer rapidement son score CRS et à abandonner son projet si le résultat paraît insuffisant.
Il faut également éviter de :
- considérer Entrée express comme l’unique programme d’immigration ;
- sous-estimer l’importance du TEF Canada ou du TCF Canada ;
- négliger l’anglais ;
- ignorer les programmes provinciaux ;
- choisir une province sans vérifier les besoins de son marché du travail ;
- supposer qu’une offre d’emploi donne automatiquement des points CRS.
Sur ce dernier point, une modification importante est entrée en vigueur : depuis le 25 mars 2025, les offres d’emploi ne donnent plus les anciens 50 ou 200 points supplémentaires dans le CRS. Elles peuvent néanmoins rester importantes pour l’admissibilité à certains programmes ou volets provinciaux.
Le Canada cherche-t-il toujours des immigrants qualifiés en 2026 ?
Oui, mais la politique d’immigration canadienne est devenue plus ciblée.
Dans son Plan des niveaux d’immigration 2026-2028, le Canada prévoit environ 380 000 admissions de résidents permanents par année de 2026 à 2028. L’immigration économique reste une priorité et devrait représenter 64 % des admissions en 2027 et 2028.
Cela signifie que les possibilités existent toujours, mais que la sélection accorde une importance croissante aux compétences recherchées, aux besoins régionaux, à l’expérience et aux compétences linguistiques.
Pour un candidat de plus de 35 ans, il devient donc essentiel de choisir sa stratégie en fonction de son profil réel, plutôt que de se limiter à son âge.
Comment savoir si votre profil est admissible après 35 ans ?
Deux personnes du même âge peuvent avoir des possibilités d’immigration complètement différentes.
Pour réaliser une première évaluation, il faut notamment analyser :
Votre âge
35, 38, 42 ou 47 ans ne produisent pas le même résultat dans Entrée express.
Votre niveau d’études
Licence, maîtrise, doctorat ou formation professionnelle peuvent influencer le score et l’admissibilité.
Votre expérience professionnelle
Le nombre d’années d’expérience, mais surtout la profession exercée et sa classification au Canada, sont importants.
Votre niveau de français
Un résultat élevé au TEF Canada ou au TCF Canada peut fortement renforcer certains profils.
Votre niveau d’anglais
L’anglais peut compléter le français et améliorer le potentiel du dossier.
Votre situation familiale
Le profil du conjoint peut également avoir une incidence sur le calcul des points et la stratégie à adopter.
Votre profession
Certaines professions peuvent correspondre aux catégories ciblées ou aux besoins particuliers d’une province.
Votre destination
Les possibilités peuvent être très différentes selon que vous envisagez l’Ontario, l’Alberta, le Manitoba, la Saskatchewan, les provinces atlantiques ou une autre région.
Après 35 ans, la stratégie compte davantage que l’âge
Immigrer au Canada après 35 ans reste possible.
L’âge influence effectivement le score de plusieurs programmes économiques, et son impact devient progressivement plus important à partir de la trentaine.
Mais l’immigration canadienne ne se résume pas à un seul chiffre.
Un professionnel expérimenté de 38, 40 ou 45 ans peut disposer d’autres atouts : une forte expérience professionnelle, une profession recherchée, un excellent niveau de français, des compétences en anglais ou encore un profil correspondant aux besoins d’une province.
La question à poser n’est donc pas simplement :
« Suis-je trop âgé pour immigrer au Canada ? »
Mais plutôt :
« Quelle stratégie d’immigration correspond le mieux à mon âge, mon expérience, mes diplômes, mes langues et ma profession ? »
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Bayar Immigration peut analyser votre profil en tenant compte de votre âge, de votre parcours professionnel, de vos études, de vos compétences linguistiques et de votre situation familiale afin d’identifier les options qui méritent d’être étudiées.
L’objectif n’est pas de vous orienter automatiquement vers un programme, mais de déterminer quelles stratégies peuvent être pertinentes pour votre profil.
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